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zarco
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Les poissons souffrent-ils ?

le 2011-06-19, 3:39 pm
Ceci ne fait plus aujourd'hui aucun doute ...

Un article récent sur le sujet nous dit (Alex Kirby, BBC, avril 2003) : "la première preuve sérieuse de la perception de la douleur aurait été découverte par des scientifiques britanniques (...) Les poissons ont des récepteurs de la douleur, comme nous (...) Les scientifiques ont découvert des zones sur la tête des truites qui répondent à des stimuli entraînant des dommages.

Il ont aussi trouvé que les poissons montraient des réactions lorsqu'ils sont exposés à des substances dangereuses.

La question de savoir si les poissons sentent ou non la douleur a été très longtemps un sujet de discussion entre pêcheurs et activistes pour la cause animale.

La recherche, menée par une équipe de l'Institut Roslin de l'Université de Edimbourg est publiée par l'académie nationale des sciences britannique (...) Les chercheurs, conduits par le Dr Lynne Sneddon, disent que la réaction comportementale et physiologique des truites après exposition à des substances nuisibles est comparable à celle des mammifères les plus évolués."

Les causes de souffrance sont multiples : l'exposition à des polluants (ammoniaque, nitrites), des événements stressants , des blessures ...

(il est utile d'apprendre à ses enfants de ne jamais taper contre le verre d'un aquarium)

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Jo
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2011-06-19, 4:00 pm
Il y a les formes de souffrance visible comme tu les as énumérées ci-dessus, mais il ne faut pas oublier celle invisible...
Toute sorte de nanification, le sujet souffrera alors physiquement mais il sera alors impossible de le déceler.
zarco
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2011-06-19, 4:10 pm
avec nanification je suppose que tu parle des bac nano ?

Je suis tout a fait d'accord avec toi et personnellement je suis contre ce genre de bac même pour un petit poisson seul .

je suis d'avis que si ont veut garder un poisson quelle qu’il soit on doit le garder dans un bac approprier avec une décoration qui ce rapproche au mieux de son habitat naturel.

Mais malheureusement les gens NE PRENNENT PAS CONCSIENCE et les vendeurs aussi Sad
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nana
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2011-06-20, 1:42 pm
+une tout a fait d'accord avec vous
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caridina56
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2011-06-20, 2:20 pm
Merci.

je vais faire diffuser sur d'autres forums. ;-)
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2011-06-22, 3:28 pm
Jo a écrit:Il y a les formes de souffrance visible comme tu les as énumérées ci-dessus, mais il ne faut pas oublier celle invisible...
Toute sorte de nanification, le sujet souffrera alors physiquement mais il sera alors impossible de le déceler
.

d'ou pourquoi je demande de m'aider sur cette recherche Wink
http://www.aqualifestyle-france.com/t7479-poisson-rouge-transparent-ou-en-somme-nous
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indostomus
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2012-07-23, 10:48 pm
zarco a écrit:avec nanification je suppose que tu parle des bac nano ?

Je suis tout a fait d'accord avec toi et personnellement je suis contre ce genre de bac même pour un petit poisson seul .

je suis d'avis que si ont veut garder un poisson quelle qu’il soit on doit le garder dans un bac approprier avec une décoration qui ce rapproche au mieux de son habitat naturel.

Mais malheureusement les gens NE PRENNENT PAS CONCSIENCE et les vendeurs aussi Sad

ou bien un problème liée à l'alimentation, comme différentes carences du à une composition inadaptée de la nourriture distribuée ainsi que la fréquences de nourrissage. ces différents paramètres peuvent influencer la taille définitive d'un poisson.

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indostomus
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Nombre de messages : 635

Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2012-07-24, 2:43 am
zarco a écrit:Ceci ne fait plus aujourd'hui aucun doute ...

Un article récent sur le sujet nous dit (Alex Kirby, BBC, avril 2003) : "la première preuve sérieuse de la perception de la douleur aurait été découverte par des scientifiques britanniques (...) Les poissons ont des récepteurs de la douleur, comme nous (...) Les scientifiques ont découvert des zones sur la tête des truites qui répondent à des stimuli entraînant des dommages.

Il ont aussi trouvé que les poissons montraient des réactions lorsqu'ils sont exposés à des substances dangereuses.

La question de savoir si les poissons sentent ou non la douleur a été très longtemps un sujet de discussion entre pêcheurs et activistes pour la cause animale.

La recherche, menée par une équipe de l'Institut Roslin de l'Université de Edimbourg est publiée par l'académie nationale des sciences britannique (...) Les chercheurs, conduits par le Dr Lynne Sneddon, disent que la réaction comportementale et physiologique des truites après exposition à des substances nuisibles est comparable à celle des mammifères les plus évolués."

Les causes de souffrance sont multiples : l'exposition à des polluants (ammoniaque, nitrites), des événements stressants , des blessures ...

(il est utile d'apprendre à ses enfants de ne jamais taper contre le verre d'un aquarium)


le lien de larticle cité ci dessus à lire en entier très interressant.

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/2983045.stm&prev=/search%3Fq%3DAlex%2BKirby,%2BFish%2Bdo%2Bfeel%2Bpain,%26hl%3Dfr%26rlz%3D1C1CHFX_frFR443FR443%26biw%3D1241%26bih%3D606%26prmd%3Dimvnsob&sa=X&ei=oLoNULmHLKGq0AWdu7m8Cg&ved=0CFEQ7gEwAA

et ensuite

Douleur et Analgésie n°1 , 2001.

Les modèles de douleur chez l’animal.

B. Calvino
Professeur de Neurosciences, Université Paris XII, Val de Marne


Résumé :
Cet article présente une revue qui se veut la plus large et la plus complète possible des différents types de modèles expérimentaux de nociception et de douleur chronique chez l’animal. Au-delà de cette revue, il tente de souligner l’importance de la prise en compte de la distance entre le modèle animal et la pathologie douloureuse chez l’Homme. Ce problème est au cœur de l’interrogation qui doit être celle de tout chercheur dans le domaine de la douleur dans la mesure où l’utilisation de modèles animaux n’est pas exempte de toute critique, interrogation éthique et déontologique, travail qu’il faut poursuivre sans excès d’autocritique ni de culpabilisation, mais avec lucidité et rigueur scientifique. De cette réflexion dépend la pertinence de ces modèles, en référence à la seule justification de leur utilisation, c’est-à-dire la compréhension de la douleur clinique chez l’Homme et de son traitement.


Le contenu de l'article (page 1) :

Dans l’introduction de la remarquable «Histoire de la Douleur» (43) qu’elle avait écrite peu de temps avant sa mort, R. Rey nous livre le pourquoi de son intérêt pour la douleur. Une phrase, nous dit-elle, hante son esprit, qui souligne l’urgence «pour l’historien de chercher à comprendre et à reconstruire le long combat des hommes contre la douleur»: «Tout être vivant, dès sa naissance, recherche le plaisir et s’en réjouit comme du souverain bien, il déteste la douleur comme le souverain mal et, dans la mesure du possible, il s’en écarte, et il se comporte ainsi quand il n’a pas encore été déformé, et que sa nature laissée à elle-même, juge en toute pureté et toute intégrité». S’attachant à distinguer souffrance et douleur, elle précise que son étude historique concerne bien la douleur et non la souffrance et met en valeur le caractère particulier de la douleur car, dit-elle, «la douleur n’a pas un statut clairement défini: entre émotion et sensation, la douleur a été constamment ballottée entre deux approches également insuffisantes: l’analyse de la douleur comme émotion, à l’opposé du plaisir, tend à l’exclure du champ d’investigation de la physiologie pour l’inscrire dans celui de la psychologie ou de la philosophie. A l’inverse, en voulant en faire un sens particulier aux côtés des cinq sens traditionnels, la physiologie n’a-t-elle pas ramené le problème de la douleur à un ensemble de recherches sur la spécificité, spécificité des récepteurs, des voies de conduction, et des centres?». R. Rey pose alors le problème de l’apport de l’expérimentation dans la compréhension de la douleur, insistant sur le fait qu’«il faut nécessairement prendre en compte la distance entre la situation expérimentale, le stimulus douloureux en laboratoire, et la douleur-maladie, qui est toujours un processus beaucoup plus complexe où plusieurs stimulus sont en jeu, où l’affect et les expériences antérieures sont impliqués. Sans doute la critique est-elle solide, comme d’ailleurs celle qui souligne la distance entre le modèle animal et l’Homme; mais il faut aussitôt ajouter qu’il n’y a pas d’autre possibilité pour progresser dans l’intelligibilité de la douleur que ces méthodes, que ce «réductionnisme méthodologique». On touche ici aux conditions de possibilité de toute démarche expérimentale.»
Il faut alors dans cette démarche prendre garde à la tentation que constitue l’abolition de la distance introduite par ce «réductionisme méthodologique» entre l’animal et l’Homme. Une telle démarche peut amener aussi bien à extrapoler hâtivement les résultats obtenus chez l’animal à l’Homme, qu’à interpréter le comportement animal par anthropomorphisme et à décrire une réaction comportementale de retrait d’un animal à un stimulus de forte intensité en terme de douleur, là où il n’y a, qu’une simple réaction de retrait réflexe. C’est ce que je vais essayer de développer en tentant d’élargir les questions posées par R. Rey que j’ai citées ci-dessus, au travers de l’analyse que l’on peut faire des modèles expérimentaux de douleur chez l’animal, douleur aiguë et douleur chronique, en référence au statut de la douleur chez l’Homme, et de la critique de la pertinence de la définition du mot «douleur» élaborée par l’International Association for the Study of Pain (IASP) quand on cherche à l’appliquer à l’animal.

La douleur chez l’animal est un sujet très controversé car analyser le comportement d’un animal «qui souffre» résulte trop souvent d’une interprétation fondée sur une culture et une hiérarchie de valeurs personnelles qui diffèrent beaucoup d’un individu à l’autre. La question reste toujours posée de savoir comment les animaux perçoivent la douleur, si cette perception est la même pour des espèces différentes et enfin si cette perception est à rapprocher de l’expérience de la douleur chez l’Homme. Mais d’un point de vue empirique comme d’un point de vue logique, l’insuffisance de nos connaissances sur la perception de la douleur chez l’animal ne peut être un argument pour nier que les animaux puissent eux aussi faire l’expérience de la douleur.

Toute discussion sur la douleur chez l’animal et chez l’Homme ne peut échapper à une analyse sémantique. Il est ainsi sémantiquement incorrect de parler de stimulus douloureux, de voies ou centres neurophysiologiques de la douleur, etc., parce que ces éléments peuvent être mis en jeu dans des situations où chez l’Homme aucune douleur n’est perçue. Pour préciser ces notions, Sherrington a défini le terme de nociceptif (46) comme caractérisant un stimulus susceptible de remettre en cause l’intégrité physique de l’organisme. Une stimulation nociceptive est une stimulation de forte intensité qui peut être susceptible de donner naissance à la perception d’une douleur. Et c’est dans cet ordre d’idée que les récepteurs sensoriels qui ne répondent qu’à des stimulations de ce type ont été appelés nocicepteurs. Par exemple, d’un point de vue sémantique, on sera amené à distinguer le seuil nociceptif de réponse d’un nocicepteur chez l’Homme ou chez l’animal, du seuil de détection de la douleur chez l’Homme qui correspond à l’intensité seuil d’une stimulation nociceptive perçue comme douloureuse par le sujet, dans la mesure où dans certaines circonstances la stimulation d’un nocicepteur peut générer un message nerveux qui n’est pas susceptible d’engendrer la perception d’une douleur. Et dans le même ordre d’idée, on appellera seuil de tolérance à la douleur l’intensité d’une stimulation nociceptive la plus forte qu’un être humain puisse tolérer dans une situation expérimentale. L’intensité d’une stimulation nociceptive nécessaire pour atteindre le seuil de réponse d’un nocicepteur est assez constante au cours du temps pour un même sujet et varie peu d’une espèce animale à l’autre, y compris dans l’espèce humaine, alors que l’intensité nécessaire pour dépasser le seuil de détection de la douleur est beaucoup plus variable, en particulier chez les patients douloureux chroniques; et c’est incontestablement le seuil de tolérance à la douleur qui des trois seuils est le plus variable, parce que beaucoup plus dépendant de l’état émotionnel et de la situation psychique de l’individu.
Pour bien comprendre le problème posé par les modèles expérimentaux de douleur chez l’animal, il me parait nécessaire de rappeler très schématiquement quelques données fondamentales dans le domaine de la douleur.
Il est important de rappeler en premier lieu que, parmi les mécanismes générateurs de la douleur, on distingue chez l’Homme trois grandes catégories de douleurs:

• Les douleurs par excès de nociception, qui correspondent au mécanisme le plus usuel, c’est-à-dire lorsqu’un processus pathologique active au niveau périphérique le système physiologique de transmission des messages nociceptifs: l’information est générée au niveau des récepteurs périphériques des tissus concernés, les nocicepteurs, à la suite d’une lésion, d’un traumatisme, d’une inflammation, d’une infection, etc.; elle est ensuite transmise vers la moelle épinière, puis vers les structures du système nerveux central.
• Les douleurs d’origine neurologique qui résultent d’une lésion soit du système nerveux périphérique (section d’un nerf, amputation, zona,...) générant des douleurs rapportées aux territoires amputés ou hypoesthésiques; soit du système nerveux central après lésion ischémique de zones très spécifiques de l’encéphale, sites de projection ou de relais des voies de la nociception, comme par exemple le territoire ventro-postéro-latéral du thalamus: ce type de lésions génèrent des douleurs spontanées continues de l’hémi-corps opposé à la lésion centrale, associées à une hypoesthésie globale mais surtout profonde et enfin une hyperpathie exacerbée lors des situations émotives ou de stimulations sensorielles diverses.

• Les douleurs d’origine psychologique, douleurs sine materia ayant une symptomatologie périphérique qui les rendent difficilement discernables des douleurs d’autres étiologies et dont le diagnostic n’est fondé que sur l’absence de résultats du bilan clinique et paraclinique; cependant l’origine psychologique de ces douleurs repose sur une psychopathologie effective comme la somatisation d’états anxieux ou une dépression masquée.

La suite de l'article (page 2) :

En second lieu, il faut aussi souligner l’importance du facteur temps dans l’appréhension que l’on peut avoir de la douleur: une douleur qui persiste modifie considérablement les mécanismes physiologiques de la douleur. Une douleur devenue chronique, qui se prolonge dans le temps, ne peut être envisagée ni traitée comme une douleur aiguë qui persiste car une douleur due à un traumatisme physique initial peut être prolongée et amplifiée par des facteurs secondaires indépendants de ce traumatisme. C’est ce qu’a voulu signifier R. Leriche en distinguant la douleur aiguë, «douleur symptôme, signal d’alarme» et la douleur chronique, «douleur syndrome, douleur maladie» (32). La douleur chronique intéresse plus le clinicien car c’est elle qui pose les problèmes les plus difficiles tant du point de vue de l’étiologie et du traitement thérapeutique que de son interprétation: elle accompagne de nombreuses maladies et est associée à des perturbations neurologiques et/ou psychologiques de longue durée qui diffèrent considérablement de celles observées dans des situations aiguës. On ne connait encore que peu de choses concernant les processus à l’origine des douleurs chroniques et c’est pourquoi des modèles expérimentaux de douleur chronique se sont récemment développés.
Dans sa conception actuelle, la douleur apparait donc comme un processus multidimensionnel, conception qui favorise une approche globale de la douleur et qui aide à mieux comprendre les différences entre les divers types de douleurs, rendant plus efficace leur traitement par l’association de divers moyens thérapeutiques. Cette complexité de l’approche de la douleur se retrouve dans la difficulté à laquelle on est confronté lorsque l’on tente de donner une définition précise de la douleur. On pourrait donner autant de définitions de la douleur qu’il y a d’expérience personnelle de la douleur, bien qu’un consensus se soit établi sur le fait que la douleur n’est pas seulement une sensation résultant d’une stimulation de nature physique mais résulte aussi d’une perception qui dépend d’une dimension émotive et cognitive. Malgré ces divergences d’analyse et d’interprétation selon que l’on se réfère à l’espèce humaine ou à des espèces animales, une définition précise de la douleur chez l’Homme a été proposée par le Comité de Taxonomie de l’IASP (16): on appelle douleur «une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à un dommage tissulaire réel ou potentiel, ou décrite en termes évoquant une telle lésion». Cette définition très large a pour principal intérêt de légitimer les douleurs sans lésions et de prendre en compte la dimension sensorielle autant qu’affective de la douleur. En effet le décodage de l’information nociceptive par les structures du système nerveux central impliquées confère à la douleur une place tout à fait particulière au sein de la physiologie sensorielle du fait qu’elle ne se limite pas au seul aspect sensoriel mais prend en compte également une dimension affective (et même subjective) très importante. Par exemple, comme le précise la longue note du Comité de Taxonomie de l’IASP qui accompagne la définition de la douleur (16), «de nombreux patients décrivent une douleur en l’absence de lésion tissulaire ou de toute cause physiopathologique probable. Habituellement cet événement survient pour des raisons psychologiques, et il n’y a généralement aucun moyen de distinguer l’expérience qu’ils décrivent de celle causée par une lésion tissulaire si l’on ne tient compte que de la description subjective. Si ces patients considèrent leur expérience comme douloureuse et s’ils la décrivent dans les mêmes termes qu’une douleur causée par une lésion tissulaire, cette expérience doit être acceptée par le clinicien comme une douleur. Cette définition évite d’établir un lien trop étroit entre stimumlus et douleur». Cette définition a constitué un progrès important dans la mesure où elle a été établie sur la base d’un consensus et où elle a servi de dénominateur commun aux chercheurs et aux cliniciens pendant plusieurs décennies. Les questions posées sur la douleur chez l’animal, en particulier avec le développement des modèles chroniques dans la recherche expérimentale, rendent cette définition inopérante si l’on cherche à l’interpréter chez l’animal et il faut donc reposer le problème de la définition de la douleur si l’on veut y inclure la douleur chez l’animal.

C’est donc dans ce contexte plurifactoriel complexe qu’il faut replacer le problème de la douleur chez l’animal. La plupart du temps la douleur est envisagée à partir d’analogies qui sont faites entre l’anatomie, la physiologie et le comportement animal et humain, en tentant d’éviter tout anthropomorphisme. On peut donc retenir en première approximation que si un stimulus est d’intensité suffisamment élevée pour être perçu comme douloureux chez l’Homme, il sera certainement également perçu comme tel par l’animal, surtout si cette intensité est proche de celles à l’origine de lésions tissulaires. Ces stimulations sont généralement susceptibles de déclencher une réaction d’échappement chez l’animal. L’évaluation de la douleur en expérimentation animale doit être inscrite dans une réflexion plus globale sur la pertinence des modèles animaux utilisés, dans la double perspective d’une part de la compréhension de la physiologie et de la physiopathologie de la douleur chez l’Homme («douleur clinique»), d’autre part de la mise en évidence des propriétés antalgiques ou supposées telles des molécules étudiées à partir de modèles animaux, alors que ces molécules sont destinées à être utilisées chez l’Homme. Cette double question est d’autant plus difficile à résoudre que l’animal est dans l’impossibilité de faire part de ses impressions subjectives lorsqu’il est soumis à un protocole expérimental de type nociceptif: l’expérimentateur n’a à sa disposition que ses yeux pour observer les actes moteurs effectués par l’animal en réponse aux stimulus nociceptifs («le comportement» de l’animal), et sa connaissance de la psychophysiologie de l’espèce utilisée qui lui permet d’interpréter les comportements observés et quantifiés.

Dans le domaine de la douleur, les études expérimentales effectuées chez l’animal ont jusqu’il y a peu de temps concerné principalement la nociception aiguë dans la mesure où la plupart des modèles utilisés mettent en jeu des stimulations nociceptives de courte durée. Pour mieux appréhender les mécanismes soutendant la douleur chronique, de nouveaux modèles se sont développés en recherchant des analogies avec ce qui est décrit en clinique chez l’Homme, principalement dans le domaine des douleurs inflammatoires et celui des douleurs neuropathiques. Le but principal de l’étude de tels modèles est d’acquérir des connaissances qui puissent ensuite être utilisées pour le traitement de la douleur aiguë et chronique chez l’Homme et chez l’animal. Les chercheurs engagés dans cette recherche considèrent comme éthiquement justifiée la mise en œuvre de tels protocoles malgré les stimulations douloureuses appliquées aux animaux et leur réalisation est toujours effectuée de manière responsable sous la conduite de règles qui assurent le respect des animaux qui sont utilisés dans ces expériences, en particulier le fait que le nombre d’animaux utilisés par expérience doit être réduit au strict minimum nécessaire et que les stimulus nociceptifs ou les protocoles à l’origine de douleurs chroniques doivent générer une douleur nécessaire mais minimale. Les études réalisées dans ce domaine, en particulier pour les modèles de douleur chronique, sont limitées par des règles éthiques très bien définies par des recommandations publiées par l’IASP (15), des directives de la Commision des Communautés Européennes (directive du 24/11/1986; 86/609/EEC) et de l’Institut National de la Santé des USA (Bethesda, Maryland). Dans la mesure où ces règles sont respectées et où les expérimentations se plient à ce qui est admis par les comités d’éthique contrôlant ces recherches, l’enjeu de ces travaux justifie ces tentatives.

On peut classer en trois catégories les modèles comportementaux utilisés chez l’animal, en fonction de la nature et surtout de la durée du stimulus douloureux utilisé: on distinguera les tests d’évaluation (i) de nociception ou douleur aiguë (stimulation de courte durée), (ii) de douleur prolongée (stimulation inflammatoire s’étendant sur plusieurs heures) et (iii) de douleur chronique (résultant d’une lésion ou d’un syndrome à l’origine de douleurs se prolongeant sur plusieurs semaines).

(page 3) :

I. Les méthodes d’évaluation de la nociception («douleur aiguë») en expérimentation animale

Ces méthodes sont particulièrement utilisées dans les études des analgésiques en pharmacologie expérimentale. Le principe des protocoles mis en jeu dans ces méthodes d’évaluation repose sur l’étude de la réaction de l’animal à une stimulation nociceptive de courte durée. La modification de cette réaction par une molécule est à la base de tout essai pharmacologique. Selon le test utilisé, on peut utiliser une grande diversité de stimulations quant à leur nature: mécanique (pincement, pression calibrée), thermique (chaleur irradiante, chaleur de contact), électrique (électrodes de contact ou transcutanées), chimique (injection d’une molécule algogène irritante par voie intrapéritonéale). Selon le test, on décrit généralement quatre types de situations:



1. Une latence de réaction à une stimulation d’intensité constante

Le test initialement décrit par D’Amour et Smith (18), au cours duquel on mesure la latence du retrait de la queue chez le rat ou la souris, réaction obtenue après stimulation de l’extrêmité noircie de la queue de l’animal par une chaleur nociceptive irradiante, réaction réflexe considérée comme intégrée au niveau spinal; l’animal est placé dans une boîte de contention qui permet l’accès à la queue de l’animal et l’intensité de la stimulation est règlée pour obtenir des latences courtes de l’ordre de 2 à 3 secondes au maximum en situation basale. L’intérêt de ce test vient du fait que l’activité de molécules allongeant le temps de réaction de retrait (considérée comme «analgésique») est hautement corrélée avec leur activité pour soulager la douleur chez l’Homme (23). Des variantes de ce test ont depuis été décrites comme par exemple la situation la plus simple où l’on plonge l’extrémité de la queue de l’animal dans un bain d’eau chaude thermostatée portée à des températures nociceptives, 50 à 54 °C selon les auteurs (26). Récemment une version plus élaborée permettant de laisser l’animal libre de ses mouvements a été décrite par Hargreaves (25), au cours de laquelle l’expérimentateur stimule l’extrêmité de la queue ou toute autre partie du corps de l’animal (la face plantaire des pattes par exemple) à l’aide d’un faisceau lumineux qu’il peut déplacer en suivant l’animal, au travers du plancher en plexiglass de la cage.

Le test de la plaque chaude initialement décrit par Woolfe et Mc Donald (51) qui fait intervenir une réponse comportementale très complexe comportant deux composantes dont on mesure la latence d’apparition après que l’on ait déposé le rat ou la souris sur une plaque métallique portée à une température nociceptive constante (de 50 à 60 °C selon les auteurs): tout d’abord le lèchement des pattes antérieures, réponse interprétée par certains auteurs comme «réflexe» (et donc considérée comme intégrée au niveau spinal) qui intervient entre 5 et 10 sec après l’initiation du stimulus selon les températures utilisées, mais qui peut aussi ne pas se présenter, puis le saut, réponse interprétée comme une réaction émotive de fuite qui intervient entre 15 et 30 sec après l’initiation du stimulus selon les températures utilisées. Ce deuxième comportement (le saut) met en jeu un acte moteur volontaire finalisé et est considéré comme non appris et soutendu par l’activation de circuits nerveux sensoriels supraspinaux d’organisation très complexe.

Ces deux tests sont de très loin ceux qui sont le plus utilisés dans les travaux rapportés dans la littérature, principalement par l’industrie pharmaceutique, car ils sont faciles à mettre en œuvre et surtout prennent très peu de temps (ce qui est un critère appréciable lorsqu’il s’agit de réaliser le «screening pharmacologique» de centaines de molécules). Mais du point de vue de la compréhension des mécanismes neuro- et psycho-physiologiques mis en jeu au cours de ces deux tests, en rapport avec le comportement de la douleur, les interprétations fournies sont très sommaires et peu satisfaisantes.



2. Un seuil de réaction à une stimulation d’intensité croissante

Le test le plus simple à mettre en œuvre consiste en l’utilisation des poils de Von Frey: l’animal (rat ou souris) est placé sur un plancher grillagé surélevé et l’expérimentateur applique un à un sur la face plantaire de la patte de l’animal une série de «poils», en fait filaments de plastique de longueur et diamètre variés qui correspondent chacun à une force calibrée qui va être exercée sur la patte par l’intermédiaire de ce poil. Ceux-ci sont appliqués successivement dans un ordre de force croissante (chaque poil est présenté 10 fois à quelques secondes d’intervalle) jusqu’à obtenir le seuil de réponse de l’animal défini comme la force la plus faible déclenchant 50% de réponses systématiques à l’appplication répétée du poil (9). Cependant, en mesurant ce seuil chez l’animal sain, il est difficile de savoir si l’animal répond de manière réflexe à un stimulus inoffensif ou nociceptif; c’est pourquoi ce test est plutôt utilisé chez des animaux présentant une inflammation de la patte ou une lésion périphérique du nerf (neuropathie périphérique) pour caractériser l’allodynie associée à l’une ou l’autre de ces deux situations expérimentales. Chez l’animal sain on peut aussi mesurer un autre paramètre, le temps au cours duquel l’animal maintient sa patte en position élevée sans appui plantaire au sol après stimulation par le poil de Von Frey, paramètre qui est utilisé comme évaluation d’un comportement de défense nociceptif: une durée de 0,2sec est considérée comme une réponse rapide associée à un stimulus inoffensif, alors qu’au-delà (à partir de 1 sec par exemple) la durée est considérée comme associée à un comportement de défense nociceptif (42).

Le test décrit à l’origine par Randall et Selitto (41) avait pour objet de mesurer l’activité analgésique de molécules anti-inflammatoires chez des animaux ayant une inflammation d’une patte postérieure provoquée par l’injection de levure de bière. Il consiste chez le rat en l’exercice d’une pression calibrée croissante sur la patte postérieure enflammée, qui permet de déterminer chez l’animal maintenu en contention trois seuils gradués de réponse stérétotypée et facilement reproductible: seuil de retrait de la patte; seuil pour lequel l’animal se débat; seuil de vocalisation. Ce test est maintenant très largement utilisé dans toute sorte de protocole, et n’est pas restreint à des situations inflammatoires.
Un parallèle peut être fait avec un autre test utilisant la stimulation électrique de la queue du rat avec des électrodes chroniques sous-cutanées chez l’animal libre de ses mouvements (8, 10), dans la mesure où il permet de décrire une réaction comportementale graduée de l’animal lorsque l’on augmente l’intensité de cette stimulation. On peut alors décrire avec ce test cinq seuils gradués de réponse stérétotypée et facilement reproductible: seuil de retrait de la queue; seuil d’orientation de la tête de l’animal vers la queue; seuil pour lequel l’animal se débat; seuil de vocalisation; seuil de morsure des électrodes. Ce test présente l’intérêt par rapport au précédent de pouvoir exercer une stimulation nociceptive sur l’animal libre de ses mouvements et donc d’éliminer toute forme d’interaction parasite pouvant moduler la réponse comportementale de l’animal, tel que le stress de contention. Avec un même type de protocole utilisant une stimulation électrique d’intensité croissante de la pulpe dentaire, on peut également mesurer le seuil du réflexe d’ouverture de la gueule chez le chat et le rat libre de ses mouvements, en y couplant l’enregistrement électromyographique de l’activité des muscles maxillaires permettant d’objectiver le comportement (35).


Dernière édition par indostomus le 2012-07-24, 4:59 am, édité 1 fois
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indostomus
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2012-07-24, 2:50 am
quel est votre opinion concernant ces deux articles?
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ma66234
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2012-07-24, 8:03 am
les poissons souffrent c'est une certitude chez moi
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indostomus
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2012-07-25, 12:21 pm
ma66234 a écrit:les poissons souffrent c'est une certitude chez moi

je souhaiterais plutôt connaitre le pourquoi de cette une certitude et non seulement savoir si "les poissons souffrent c'est une certitude". une certitude sans arguments démontrés scientifiquement ne peut avoir une réelle valeur. le débat c'est de prouver que ou amener a penser que, grace à l'échange.
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tyrano34
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2014-09-07, 6:53 am
Idem je relance le sujet et de tout façon tôt ou tard, on aura une preuve scientifique et ça j'en suis certains ...


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Re: Les poissons souffrent-ils ?

le 2014-09-07, 11:06 am
j'ai eu le récit d'un client (qui ne doit pas avoir la lumière à tous les étage) qui a voulu se débarrasser de son pléco devenu trop grand, il a essayé de l'égorger comme on ferait à un lapin et apparemment l'animal se serait mis à crier
( sa m'a vraiment dégoûter ce genre de comportement )
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Re: Les poissons souffrent-ils ?

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